Être ATP à l’ère du numérique : prise en charge des demandes RAMQ

Le 30 janvier dernier, les médias nationaux informaient la population d’une situation connue et hautement inacceptable qu’est le délai d’analyse des demandes de la mesure de médicaments et de patient d’exceptions à la Régie d’assurance maladie du Québec (RAMQ).

Selon leurs analyses, plus de 277 000 demandes d’exception ont été formulées en 2017, soit environ 60 000 requêtes de plus qu’il y a trois ans. Dans sa réforme du système de santé, le gouvernement Couillard-Barrette a sous-estimé les pressions exercées sur les prescripteurs québécois. De fait, l’augmentation des prises en charge eut des répercussions directes sur les services offerts par la RAMQ.

Actuellement, le traitement et l’analyse des requêtes peuvent prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois et pendant ce temps, les patients québécois ne sont pas pris en charge de façon efficiente. En pharmacie, les suivis augmentent et peuvent parfois devenir une source d’angoisse chez le patient et le personnel. Dès lors, à titre d’ATP, vous avez un rôle majeur à jouer à cet égard. En effet, vous pouvez certainement prendre en charge les suivis, les réclamations et les rappels concernant ces requêtes.

Rappelons d’abord la nuance entre une mesure de médicament d’exception versus celle de patient d’exception. La première renvoie au fait qu’un médicament est susceptible d’être remboursé, puisqu’inscrit à la Liste régulière des médicaments, seulement s’il est utilisé pour des indications thérapeutiques reconnues par l’INESSS ou pour diverses raisons économiques ou d’accessibilité publique. Notons, par ailleurs, que beaucoup de médicaments d’exception font l’objet d’une codification permettant de servir un médicament d’exception sans délai. À cet égard, il est de la responsabilité du prescripteur de l’indiquer sur l’ordonnance et d’en évaluer son utilisation.

La deuxième, celle de la mesure de patient d’exception, signifie qu’un prescripteur peut emprunter une autre voie pour faire autoriser un médicament prescrit n’étant pas inscrit à la Liste régulière des médicaments ou encore un médicament d’exception codifié, mais pour une intention thérapeutique non reconnue pour sa couverture. À cet égard, il s’agit d’une procédure exceptionnelle qui doit être cliniquement bien documentée, car l’intention est d’autoriser le paiement d’un médicament non couvert exceptionnellement pour une condition particulière.

Dans le cadre de vos fonctions, vous pouvez jouer un rôle important sur la collecte de données initiales, sur le classement, le suivi et les retransmissions des requêtes. Pour ce faire, vous devez apprendre à travailler avec la Liste régulière des médicaments, avec les aspects légaux de la codification et avec un service en ligne vous permettant de suivre directement les demandes à la RAMQ. Je vous invite donc à prendre l’initiative de prendre en charge ces dossiers et de développer une expertise certaine dans ce domaine, car vous deviendrez rapidement à l’aise avec le paiement des médicaments et les indications thérapeutiques nécessaires au remboursement. De plus, développer un algorithme de travail et une façon de rendre des comptes ; de telle sorte, vous épargnerez beaucoup de casse-têtes financiers pour votre propriétaire et votre patient. Un ATP attentif et proactif permettra de réduire les risques d’arrêt de traitement et de paiement.

Sébastien Bouchard-Théberge, Secrétaire de l’AQATP

2018-05-02T12:02:17+00:00 May 2nd, 2018|