La déontologie et l’importance de la confidentialité en pharmacie en lien avec l’utilisation de la clé DSQ et le partage d’informations confidentielles avec un proche

Par: Justine Dorion

La pharmacie, en tant que profession de la santé, est régie par un ensemble de principes éthiques et de règles déontologiques qui visent à protéger le bien-être de la clientèle, à garantir la qualité des soins et à préserver la confiance du public. Parmi ces principes fondamentaux, la confidentialité occupe une place centrale. Respecter la confidentialité, c’est reconnaître le droit de chaque individu à la protection de ses renseignements personnels, et c’est aussi une condition essentielle à l’établissement d’une relation de confiance entre le pharmacien, le personnel de la pharmacie et la clientèle. 

Récemment, il y a deux cas qui ont reçu un jugement du syndic de l’OPQ en lien avec l’utilisation de la clé DSQ et le partage d’informations confidentielles avec un proche. Nous nous permettons donc de faire un rappel sur l’importance de suivre le code de déontologie élaboré par l’AQATP pour les assistant·e·s et technicien·ne·s en pharmacie et surtout sur la confidentialité dans nos milieux. 

Les principes de la déontologie en pharmacie 

La déontologie désigne l’ensemble des devoirs et des obligations morales qui encadrent la pratique professionnelle en pharmacie. Elle repose sur des valeurs telles que le respect de la personne, l’honnêteté, la compétence, la loyauté et la bienveillance. Les codes de déontologie, élaborés par les ordres professionnels, servent de guides pour orienter les décisions et les comportements au quotidien. 

Parmi les devoirs du pharmacien et du personnel de la pharmacie, on retrouve : 

  • Agir dans l’intérêt de la clientèle et assurer la qualité des soins prodigués ; 
  • Informer, conseiller et accompagner la clientèle dans le respect de leur autonomie et de leurs choix ; 
  • Assurer la confidentialité des informations médicales et personnelles ; 
  • Faire preuve d’intégrité et de transparence dans la gestion des dossiers et des transactions ; 
  • Refuser toute forme de discrimination, de favoritisme ou de conflit d’intérêts ; 
  • Actualiser ses connaissances régulièrement pour maintenir un haut niveau de compétence. 

La confidentialité : un principe fondamental 

La confidentialité consiste à protéger tous les renseignements personnels que la clientèle confie à la pharmacie, qu’il s’agisse d’informations médicales, de prescriptions, de données de santé ou de détails relatifs à la vie privée. Cette règle s’applique à l’ensemble du personnel de la pharmacie, des pharmaciens aux technicien·ne·s, en passant par les assistant·e·s et les stagiaires. 

Le respect de la confidentialité n’est pas seulement une obligation morale, mais aussi une exigence légale. Au Québec, par exemple, la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, ainsi que le Code des professions, encadrent la gestion des informations sensibles. Le non-respect de la confidentialité peut entraîner des sanctions disciplinaires, civiles ou pénales. 

L’importance de la confidentialité en pharmacie 

La confidentialité est essentielle pour plusieurs raisons : 

  • Respect de la vie privée : La population a le droit de contrôler l’accès à ses informations personnelles. Ce respect protège la dignité et l’autonomie de chaque individu. 
  • Confiance envers la pharmacie : La garantie de confidentialité favorise la transparence et la sincérité lors des échanges entre la clientèle et le personnel. La population se sent ainsi libre d’exprimer ses besoins et ses préoccupations, ce qui permet un meilleur accompagnement thérapeutique. 
  • Qualité des soins : Un climat de confiance encourage la transmission d’informations complètes et précises, nécessaires à la dispensation de soins sécuritaires et personnalisés. 
  • Prévention des préjudices : Le partage non autorisé d’informations peut entraîner de la stigmatisation, des discriminations ou des atteintes à la réputation, voire des conséquences juridiques et sociales graves pour la clientèle concernée. 

Les défis actuels liés à la confidentialité 

Dans un contexte de numérisation rapide des données et d’évolution des technologies, la gestion de la confidentialité en pharmacie pose de nouveaux défis. Les dossiers pharmaceutiques électroniques, les plateformes de gestion des prescriptions et la transmission d’informations entre professionnel·le·s de la santé exigent des mesures de sécurité renforcées. 

Le personnel doit donc : 

  • S’assurer que les systèmes informatiques sont sécurisés et que l’accès aux données est restreint aux personnes autorisées ; 
  • Former régulièrement l’équipe sur les bonnes pratiques en matière de confidentialité ; 
  • Informer la clientèle sur ses droits et les mesures mises en place pour protéger leurs renseignements ; 
  • Réagir rapidement en cas d’atteinte à la confidentialité ou de fuite de données. 

La déontologie et la confidentialité sont indissociables de la pratique pharmaceutique. Elles constituent le fondement même du lien de confiance entre le personnel de la pharmacie et la population desservie. Dans un environnement où les technologies évoluent et où les attentes de la société en matière de protection des renseignements personnels sont de plus en plus élevées, il est essentiel que la profession continue d’adapter ses pratiques, de renforcer la formation et de promouvoir une culture de respect et de responsabilité. Seul un engagement profond envers ces valeurs permettra de préserver l’intégrité, la crédibilité et la mission première de la pharmacie : veiller sur la santé et le bien-être de la population. 

Pour consulter votre code de déontologie : https://aqatp.ca/code-de-deontologie/  

Pour consulter les décisions du syndic de l’ordre des pharmaciens :
https://www.canlii.org/fr/qc/qccdopq/doc/2025/2025qccdpha13/2025qccdpha13.html
https://www.canlii.org/fr/qc/qccdopq/doc/2025/2025qccdpha20/2025qccdpha20.html 

12 septembre 2025



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